Evgueni Zamiatine has 3 audiobooks on Listento.it, narrated by 3 narrators. The most-rated is L'inondation.

Quelques années après la révolution, Evgueni Zamiatine, auteur reconnu et familier des milieux d'avant-garde, écrit Nous, un roman d'anticipation. Traduit à l'étranger et circulant sous le manteau dans son pays, il ne sera jamais édité en russe du vivant de Zamiatine. Pire, cet "infect pamphlet contre le socialisme" sera la principale pièce à conviction de sa mise à l'écart, de sa "mort littéraire". Nous se présente comme le journal tenu par D-503, le constructeur de l'Intégrale, un vaisseau spatial dont la mission est de convertir les civilisations extraterrestres au "bienheureux joug de la raison", au "bonheur mathématiquement infaillible" que l'État Unitaire prétend avoir découvert. Six siècles après notre époque, le monde civilisé s'est en effet organisé en un "État Unitaire" sous la férule d'un "Bienfaiteur". Les hommes - des "Numéros" - habitent une cité de verre où tout est régulé, particulièrement l'activité sexuelle, et ils paient de leur vie le moindre écart à cet ordre établi contre lequel, malgré tout, une poignée de dissidents va s'insurger. En 1920, quand Zamiatine écrit Nous, la fièvre révolutionnaire est retombée, l'élan déjà s'est brisé, confisqué par d'"aimables fonctionnaires". Anti-utopie prophétique qui anticipe toutes les glaciations du xxe siècle, Nous se lit comme un long poème sur le retour nécessaire des révolutions. Cette nouvelle traduction vise à faire entendre, dans les mots, cet appel tragique : on a toujours raison de se révolter.
©2017 Actes Sud (P)2021 Sixtrid SAS

Ce court roman d'un des maîtres de la littérature russe raconte dans une langue empreinte de douleur la révolte d'une jeune femme sans enfant, que son mari trompe avec l'adolescente qu'ils ont recueillie. Mais peu à peu la souffrance contenue jusqu'à l'asphyxie verra se rompre les digues du silence, et la haine tout emporter.
©1988 Éditions Solin. Traduit par Barbara Nasaroff (P)1988 Actes Sud; 2020 Actes Sud

"La vitre tintait sous le vent, des nuages gris et bas - des nuages de la ville, des nuages de pierre - passaient dans le ciel - comme s'ils étaient de retour, ces nuages étouffants de l'été que pas un orage n'avait transpercés. Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au dehors mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler..."
©2005 Actes Sud (P)2005 Éditions des femmes